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LE MÉCANISME DE FINANCEMENT DE FIER II

FIER II vise à favoriser durablement l’accès des jeunes ruraux à des services financiers répondant aux besoins de leurs activités économiques dans les secteurs agricole et non agricole en milieu rural. Sa mise en œuvre produira les résultats attendus suivants : 

Ces résultats seront atteints à travers la mise en œuvre de deux principales activités, notamment :  

  • l’établissement de mécanismes durables de partage des risques et de financement des jeunes ruraux;  

la promotion de l’accès des jeunes ruraux aux services financiers.

Etablir des mécanismes durables de partage des risques et de financement des jeunes ruraux

FIER II contribue à faciliter l’accès aux services financiers des jeunes ruraux exerçant des activités de manière individuelle ou collective sur les différents maillons de la chaîne de valeur agricole ou des activités rurales non agricoles. A cet effet, le projet adoptera une nouvelle approche avec une architecture de financement à coût partagé impliquant une contribution tripartite, à savoir l’apport du jeune, la subvention directe apportée par FIER II ainsi que le crédit octroyé par une institution de financement rural et garanti par un fonds de garantie financière. Trois instruments complémentaires sont donc mis en place, en l’occurrence : 

  • un Fonds de Garantie Financière Durable (FGFD); 
  • un Fonds de Refinancement (FR) des Services Financiers Décentralisés (SFD) partenaires du projet ;  
  • un Fonds de Subvention de Contrepartie (FSC). 

Le Fonds de Garantie Financière Durable (FGFD) :

l’objectif de ce fonds est d’atténuer les risques de crédit pris par les institutions de financement rurales partenaires dans le financement des projets des jeunes. Le FGFD propose une couverture partielle de risque des crédits octroyés aux jeunes pour le financement des activités agricoles et non agricoles en milieu rural. La couverture partielle permet d’éviter le transfert complet de l’entièreté du risque de crédit sur le fonds de garantie qui pourrait avoir comme conséquence une évaluation non rigoureuse des demandes de crédit par les institutions de financement rural partenaires et un laxisme dans la gestion et le suivi des crédits. 

Pour les promoteurs d’activités génératrices de revenus (AGR), le taux de couverture est de 80% pour le premier cycle de crédit et de 50% pour les crédits ultérieurs. Pour les promoteurs de micro-entreprises rurales (MER), le fonds apporte une garantie partielle à hauteur de 50% du montant du crédit octroyé étant donné que les promoteurs de celles-ci bénéficient déjà d’une certaine expérience dans la conduite de leurs activités. Le FGFD offre ainsi aux SFD partenaires une garantie de portefeuille pour tous les crédits octroyés par les SFD aux bénéficiaires de FIER II. Les frais de gestion du FGFD sont supportés par le projet et par les intérêts générés par la dotation financière pour la couverture des risques qui est placée au sein d’une banque. Le FGFD a l’avantage de créer un effet multiplicateur en permettant aux jeunes d’accéder à plusieurs cycles de crédit. En effet, un jeune a la possibilité de recourir à plusieurs cycles de crédits couverts par le FGFD tant qu’il rembourse les crédits précédemment obtenus. C’est pour cela que  les jeunes sont sensibilisés sur la nécessité de rembourser les crédits contractés auprès des SFD partenaires afin de pouvoir bénéficier de crédits ultérieurs. Les SFD de leur côté sont invités à assurer un suivi efficace des crédits octroyés.

Le Fonds de Refinancement des SFD (FR).

L’objectif du Fonds de refinancement est d’apporter aux SFD la liquidité nécessaire à l’octroi des crédits aux jeunes ruraux. Un manuel de gestion du Fonds de refinancement dans le cadre de FIER II est également élaboré. Pour bénéficier de cette ligne de refinancement, les SFD ont signé une convention avec le projet. Il est prévu que le FR contribue au refinancement d’environ 40% du montant des crédits accordés par les SFD aux jeunes bénéficiaires de FIER II. Ce fonds est revolving dans la mesure où les refinancements accordés aux SFD sont recyclés une fois remboursés.

Le Fonds de Subvention de Contrepartie (FSC).

Ce fonds contribue à apporter les subventions prévues dans la mise en œuvre des projets des jeunes. La subvention permet de faciliter l’installation des jeunes ruraux qui en majorité, sont dépourvus de capital soit pour le lancement de leurs activités (AGR), soit pour le développement ou l’extension des activités existantes (MER). Elle sera accordée aux jeunes exerçant dans des activités agricoles ou non agricoles en milieu rural. Elle contribue ainsi à réduire les contraintes de financement auxquelles les jeunes font face en réduisant d’une part leur apport dans le financement de leurs projets, et d’autre part le coût de financement de leurs projets, dans la mesure où elle permet de réduire la proportion du crédit dans le financement des projets.

La subvention sert en priorité à réduire les coûts des investissements en équipements ou en aménagement pour le démarrage ou l’extension des activités des jeunes. Elle peut également servir à financer une partie du fonds de roulement en cas de reliquat après couverture totale des besoins en équipements ou en aménagement. Le déblocage de la subvention pour le projet du jeune nécessite un accord de principe du SFD pour l’apport du financement complémentaire sous forme de crédit. Cet accord de principe doit être donné par le SFD au moment de l’évaluation du projet du jeune, les SFD étant partie prenante du processus d’évaluation des projets. Cet accord de principe est suivi de l’ouverture du compte du jeune auprès du SFD, compte à travers lequel l’apport en numéraire du jeune est versé ainsi que la subvention. 

Les décaissements doivent préalablement être validés par les responsables (prestataires) chargés du suivi des activités des jeunes et libérés sur présentation d’une facture pro-forma ou d’un devis estimatif. Le crédit du SFD peut être mis en place au même moment que la subvention ou à un moment ultérieur selon les besoins de financement du projet.  La subvention est octroyée au jeune sous forme de kit d’insertion pour les promoteurs d’AGR et de kit de développement pour les promoteurs de MER.

Kit d’insertion. Le kit d’insertion sert de capital initial qui permet au jeune de lancer son projet dans le cadre d’une activité agricole ou non agricole en milieu rural. Il est versé après que le jeune ait libéré son apport personnel en numéraire ou en nature. Dans le cas d’un apport en nature, une évaluation de la valeur de l’apport est faite par le projet ou par le prestataire en charge du suivi du projet du jeune. Le kit d’insertion permet au jeune d’acquérir les équipements nécessaires au lancement de son activité ou d’effectuer les aménagements nécessaires. Le prestataire en charge du suivi du projet du jeune doit s’assurer de la qualité des équipements acquis ou des aménagements effectués. La subvention permet ainsi d’acquérir divers types d’équipement parmi lesquels le matériel agricole, le matériel d’élevage, les géniteurs, les équipements de transformation, le matériel d’aménagement des sols, le matériel nécessaire au lancement d’une activité rurale non agricole, etc. Dans le cas où tous les besoins en équipements sont couverts, le reliquat de la subvention peut permettre de financer une partie du fonds de roulement. Les sources de financement du projet du jeune sont alors réparties de la manière suivante :

  • apport du jeune en numéraire ou en nature (10%) ; 
  • subvention directe de 40% (kit d’insertion) ; 
  • crédit contracté auprès d’un SFD (50%) et bénéficiant d’une couverture partielle du Fonds de garantie Financière Durable.

Selon les estimations effectuées, le coût moyen pour le lancement d’une activité génératrice de revenus est de 500 000 francs CFA, ce qui correspond à un montant moyen du kit d’insertion estimé à 200 000 francs CFA.  Le montant maximal pouvant être versé à titre de kit d’insertion est de 300 000 francs CFA. Au total, il est prévu que 12 000 jeunes ruraux (AGR) bénéficieront du kit d’insertion.

Kit de développement. Ce kit est destiné aux promoteurs des MER dans les secteurs agricole et non agricole en milieu rural. Le kit permet d’acquérir les équipements nécessaires à l’augmentation de la capacité de production, de transformation ou de l’offre de produits et services en milieu rural. Les besoins en équipements du jeune, nécessaires à l’extension ou à la consolidation de ses activités doivent être détaillés dans son plan d’affaires qui doit également indiquer les différentes sources de financement pour la mise en œuvre de son projet. Le kit de développement sera versé après que le jeune ait libéré son apport personnel en numéraire. 

En effet, dans le cas des MER, seuls les apports en numéraire seront acceptés. Le prestataire en charge du suivi du projet du jeune s’assure également  de la qualité des équipements acquis ou des aménagements effectués pour l’extension des activités. Étant donné que les promoteurs de MER disposent déjà d’une certaine expérience dans l’exercice de leurs activités, il se pourrait qu’ils aient déjà des comptes dans une institution financière. Dans ce cas, l’institution devra donner son accord de principe pour le financement du projet d’extension et la subvention sera versée dans le compte du jeune auprès de cette institution financière. Dans le cas contraire, le projet facilite sa mise en relation avec un SFD partenaire. Les sources de financement du projet d’un promoteur de MER sont réparties de la manière suivante : 

  • apport du jeune en numéraire ou en nature (10%) ; 
  • subvention directe de 30% (kit de développement) ; 
  • crédit contracté auprès d’un SFD (60%) et bénéficiant d’une couverture partielle du Fonds de garantie Financière Durable.

Selon les estimations effectuées, le coût moyen pour la mise en œuvre d’un projet de MER est de 3 millions de francs CFA, ce qui correspond à un montant moyen du kit de développement estimé à 900 000 francs CFA.  Le montant maximal pouvant être versé à titre de kit de développement est de 1,5 millions de francs CFA. Au total, il est prévu que 5 000 jeunes ruraux bénéficieront du kit de développement.

Figure 1 : Instruments financiers de FIER 2

Modalités de mise à disposition des subventions.

La mise en œuvre des subventions nécessite un partenariat avec les SFD qui doivent donner leur accord de principe pour le financement complémentaire nécessaire à réalisation du projet du jeune.  Cet accord de principe est une condition sine qua non pour le versement de la subvention directe au jeune. A cet effet, les SFD sont représentées dans les comités régionaux de sélection des projets et participent à l’évaluation des projets afin de s’assurer que les projets acceptés sont bancables. 

Pour bénéficier de la subvention directe, le jeune doit au préalable présenter une facture pro-forma ou un devis estimatif qui est validé par le responsable en charge du suivi de ses activités. Les équipements doivent être de préférence acquis auprès de fournisseurs d’équipements agréés par le projet pour s’assurer de leur qualité. Le paiement peut alors se faire directement dans le compte des fournisseurs. Toutefois, si cela s’avère nécessaire, les fonds peuvent être décaissés par le jeune après validation du décaissement par le responsable chargé du suivi des activités du jeune.

(i) Les montants de crédit sont déterminés ici sur la base d’un cycle de crédit par jeune. Ils ne tiennent donc pas compte du renouvellement des crédits par les jeunes.

Promouvoir l’accès des jeunes ruraux aux services financiers

FIER II apporte son appui à la promotion de l’accès des jeunes ruraux à des services financiers adaptés à leurs besoins. Les appuis envisagés sont ciblés sur les quatre volets suivants : 

  • l’appui au développement de nouveaux produits financiers ; 
  • le renforcement des capacités des jeunes en éducation financière et l’accompagnement à l’épargne ; 
  • la promotion des crédits de groupe ; 
  • le renforcement de capacités des SFD partenaires.

Appui au développement de nouveaux produits.

Dans la mesure où FIER II s’inscrit un peu plus dans une approche de chaine de valeurs et dans le financement des jeunes ruraux exerçant dans les métiers agricoles et non agricoles, deux études ont été réalisées par le projet, notamment :

  1. Une étude sur l’offre et la demande des produits et services financiers offerts sur l’ensemble de la chaine de valeur agricole afin de voir si les produits et services actuels peuvent répondre aux besoins de financement des jeunes qui seront insérés dans les différents maillons de la chaine de valeurs. Les résultats de l’étude ont permis d’identifier des contraintes/insuffisances et  de faire des recommandations sur les nouveaux produits qui sont adressés aux jeunes sur les différents segments de la chaîne de valeur agricole.
  2. Une étude sur l’offre et la demande des produits et services financiers non agricoles afin d’avoir une idée des produits et services financiers actuellement proposés par les SFD dans les secteurs non agricoles en milieu rural. Sur la base des constats effectués, l’étude recommandé de nouveaux produits financiers adaptés aux besoins des jeunes que FIER II souhaite insérer dans les filières non agricoles. 

Formation en éducation financière et accompagnement à l’épargne

Des insuffisances en éducation financière ont été relevées au niveau des jeunes bénéficiaires de FIER par les SFD et par les ONG d’accompagnement.  Ce qui a eu comme conséquence d’avoir un bon nombre de bénéficiaires qui avaient une méconnaissance des services et produits financiers offerts par les SFD et qui n’ont pas suffisamment développé des habitudes d’épargne. Afin de pallier ces insuffisances, FIER II apporte son appui au renforcement des capacités des bénéficiaires en éducation financière. Cette formation les aidera à développer leur relation d’affaires avec les SFD, à les édifier sur la culture de l’épargne et à mieux gérer les ressources financières mises à leur disposition. Elle contribuera également à les amener à bien gérer les recettes et dépenses liées à leurs activités, ainsi qu’à une meilleure gestion du crédit. Les modules de formation en éducation financière ont été adaptés au profil des bénéficiaires (niveau d’alphabétisation, activités économiques, etc.) et aux moyens logistiques disponibles.

Promotion des crédits de groupe.

Au cours de la première période de FIER II, les jeunes pourront accéder aux services financiers par le biais de microprojets individuels. Mais, pour améliorer l’efficience, l’approche groupée sera progressivement introduite au cours de la deuxième période de mise en œuvre. Cette approche sera portée par la dynamique des sous-projets de chaines d’approvisionnement pilotés par des agrégateurs, notamment des co-entreprises coopératives (CEC). A cet effet, le projet apportera son appui à la mise en place d’infrastructures agrégatives sous forme de subvention permettant de financer les investissements nécessaires à la réalisation de ces infrastructures. Des périmètres d’activités seront ainsi aménagés afin que les jeunes puissent y réaliser leurs activités en groupe (périmètres maraichers, périmètres embouches, périmètres rizicoles, périmètres aquacoles, centres artisanaux, etc.).  Chaque périmètre abritera un certain nombre de jeunes en fonction des activités menées. Le besoin en fonds de roulement de chaque groupe de jeunes pour la réalisation des activités sera financé par l’apport des jeunes (10%) et par le crédit de groupe auprès d’un SFD partenaire (90%).  Ces besoins seront agrégés au niveau de la CEC qui apportera son appui aux requêtes de financement des groupes de jeunes aux SFD grâce aux contrats d’achat signés par la CEC avec les groupes de jeunes membres et aux contrats de vente signés par la CEC avec les collecteurs, transformateurs et autres opérateurs de marché. L’approbation de ces crédits sera du seul ressort de chaque SFD partenaire. Ces contrats présentent l’avantage de rassurer les SFD sur l’existence d’un marché pour l’écoulement des produits des jeunes. Le fonds de garantie financière offrira une couverture partielle de ces crédits à hauteur de 20% en plus de la caution solidaire apportée par le groupe de jeunes. Pour le financement de l’achat de la production des groupes de jeunes, les CEC pourront soumettre des demandes de crédits aux banques ou aux SFD ayant une grande capacité de financement. Ces crédits bénéficieront également de la couverture partielle du risque à hauteur de 20% en plus de la caution solidaire apportée par la CEC. 

Tableau d’estimation des contributions attendues à l’issue de FIER II pour le financement du besoin en fonds de roulement (infrastructures agrégatives)

Les montants de crédit sont déterminés ici sur la base d’un cycle de crédit par jeune. Ils ne tiennent donc pas compte du renouvellement des crédits par les jeunes.

Renforcement des capacités des SFD et appuis à l’extension.

Dans le cadre du premier projet (FIER) et à travers le partenariat avec le projet INCLUSIF, FIER a contribué au renforcement des capacités des SFD en financement agricole. Ainsi, les SFD partenaires d’INCLUSIF qui étaient également partenaires de FIER ont bénéficié de renforcement de capacités en financement agricole. Toutefois, ces SFD devront bénéficier d’un renforcement de capacités pour le développement de nouveaux produits financiers (warrantage, micro-leasing, produits financiers verts, etc.). A cet effet, FIER II travaille en collaboration avec INCLUSIF dans le cadre de sa composante A. En retour, il est demandé aux SFD de faire preuve de célérité dans le traitement des demandes de financement et d’offrir aux jeunes de meilleures conditions de crédit (durée, taux d’intérêt, moratoire, périodicité de remboursement, etc.). 

En ce qui concerne, l’appui à l’extension du réseau des SFD, il est à noter que FIER  a contribué à la mise en place de 13 guichets de SFD sur les 17 prévus dans les zones d’intervention du projet, ce qui a contribué à réduire la distance entre les guichets des SFD partenaires et les localités d’implantation des activités des jeunes. Dans le cadre du deuxième projet, des appuis pourront être apportés aux SFD en fonction des besoins exprimés. Ces appuis pourront être de divers ordres, notamment la contribution à l’achat d’équipements et aux moyens logistiques pour les guichets nouvellement créés par les SFD, la contribution à la formation du personnel de ces guichets, etc. FIER II apportera ainsi son appui pour l’implémentation des 4 guichets de SFD qui n’ont pas pu être mis en place lors de FIER afin de poursuivre l’objectif de financement de proximité au bénéfice des cibles du projet.